La délocalisation industrielle préoccupe de nombreux Français.

Face aux multiples délocalisations des entreprises au cours des dernières années, on peut se demander comment l’État réagit pour lutter contre ce phénomène de plus en plus répandu. Déjà, l’État français dispose d’un Conseil d’analyse économique, placé sous l’autorité du premier ministre, pour analyser la situation. Vouloir baisser le coût du travail, c’est-à-dire diminuer les charges sociales patronales et augmenter la TVA, cette idée n’est pas partagée par tous les analystes français qui estiment que le coût du travail n’est pas le seul facteur de délocalisation en France. Les entreprises peuvent aussi simplement vouloir partir pour conquérir de nouveaux marchés, donc tout dépend de la cause de la délocalisation.

La première conséquence de la délocalisation est souvent la perte d’emplois. L’économie française est déjà mal en point et le taux de chômage ne baisse pas. Quand les entreprises ferment leurs portes, des milliers de Français perdent leurs emplois. la délocalisation détruit 36 000 emplois en moyenne par an en France. En période de croissance, le secteur de l’emploi est touché par une perte de 20 000 personnes et, en récession, c’est 60 000 emplois de perdus. Des secteurs comme celui de l’automobile ont supprimé plus de 100 000 emplois en l’espace de 10 ans à cause de la délocalisation.

C’est pourquoi, quand une entreprise décide de partir installer ses sites de production ailleurs, les citoyens français sont en panique, car une bonne partie d’entre eux vont perdre leur gagne-pain.

En dehors de la perte d’emplois, la délocalisation peut avoir un impact sur le PIB de la France et sur son image dans le monde, car ce pays européen devient dépendant des pays étrangers à cause de la forte croissance des importations et de la diminution des exportations. Si les entreprises délocalisent, les produits désirés par les consommateurs ne se produisent plus sur le territoire; ils sont alors obligés d’acheter sur les marchés extérieurs. Par conséquent, la balance commerciale du pays risque d’être déficitaire, car l’État fait plus de dépenses que de bénéfices. Par exemple, le secteur de l’électronique est l’un des plus touchés en France. Aujourd’hui, les consommateurs préfèrent les téléphones de marque asiatique au détriment de ceux faits en France, ce qui cause la perte de ces entreprises et peut les pousser à délocaliser.

Plusieurs facteurs expliquent le phénomène de délocalisation en France. Cela étant, les entreprises françaises décident souvent de délocaliser parce que les salaires en France sont élevés et que les employés ne sont pas assez qualifiés. Par conséquent, le chiffre d’affaires diminue et les entreprises françaises ne sont pas capables de rivaliser avec les autres sur le marché international. Il est compréhensible que les entrepreneurs français aient peur de faire faillite, car les pays émergents stimulent une forte concurrence sur les marchés de consommation à cause de leur forte production et leurs produits à prix réduit.

Les entreprises françaises délocalisent aussi étant donné la situation économique préoccupante de leur pays (chômage, récession, etc.) et que le pouvoir d’achat des ménages diminue. Par conséquent, si les entreprises produisent à coûts élevés et les consommateurs achètent moins, il n’y a pas vraiment de rentabilité. Alors, elles préfèrent délocaliser dans des pays voisins pour répondre à la demande française et à la demande internationale, mais à des coûts de production moins élevés.

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Les entreprises chinoises commencent à délocaliser en Afrique leurs plates-formes de production et d’exportation.

Pour une entreprise, la délocalisation industrielle consiste à déplacer une unité
de production du territoire national vers une région ou un pays qui permet d’obtenir
des avantages compétitifs : main-d’œuvre moins chère ou plus qualifiée, proximité d’un
marché émergent, meilleure disponibilité d’une matière première.
Aujourd’hui, les délocalisations n’affectent plus uniquement les activités
industrielles mais concernent de plus en plus les services (plates-formes téléphoniques,
centres de préparation de commandes…).

L’objectif des délocalisations des entreprises chinoises en Afrique est de bénéficier des
matières premières à bon prix, de la compétitivité des coûts salariaux, du sous développement du marché intérieur africain. Les projets de “ZES” (zone économique spéciale) se sont développés en Égypte, en Éthiopie, à Maurice, au Nigéria et en Zambie. Un partenariat public-privé en Éthiopie permettra l’installation de 80 usines et créer
20.000 emplois pour un coût de 250 000 000 de Dollars. L’Éthiopie fournira gratuitement le pétrole dans la zone industrielle chinoise, donnera quatre ans d’exonération fiscale et du foncier bon marché.  La zone à 30 km au sud d’Addis Abeba à déjà plusieurs cimenteries, une chaîne de montage automobile, une fabrique de plastique et un groupe chinois de fabrication de chaussures. Les entreprises chinoises font un transfert de technologie et forment la main d’oeuvre africaine.

Phénomène en forte progression, la délocalisation affecte presque toutes les activités professionnelles. Elle constitue le corollaire de la mondialisation de l’économie. Ce phénomène très répandu dans les pays développés consiste à séparer le lieu de fabrication ou de transformation des marchandises de leur lieu de consommation. Dans la majorité des cas, l’entreprise délocalise ses activités chez un pays à faible coût de production.

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