Politique, syndicalisme et les anarchistes enragés de la révolution Française.

L’image d’Epinal de l’anarchisme c’est souvent le boxon généralisé ou le règne du « moi, je » au détriment de l’autre. Cette vision, bien qu’apparemment attachée à certains courants anarchistes, anarchisme de droite qui y mêlent l’individualisme poussé à l’extrême. L’anarchisme est un système individualiste, et ne peut être viable que par unité, unité pour 1 et non pour union.

Discussions sans fin pour déterminer les options, et comme chaque individualité peut avoir une vision différente, la naissance de conflits entre tendance se fait jour, et ce système porte ses propres échecs. Curieusement, l’anarchie est en général classée de gauche. Mais c’est un non-sens. Les idéologies de gauche sont basées sur un Etat hypertrophié et balourd, en général irrespectueux de ses citoyens.

Comme l’anarchie prône l’absence de structure centrale, et l’épanouissement individuel, cela ne peut pas être de gauche.

Mais historiquement, dans les années 20, quand l’anarchisme était un vrai courant politique, ceux le pratiquant étaient perçus comme remettant en cause l’ordre existant. Et à l’époque, on ne remettait pas en cause l’ordre existant si on était de droite. D’où la classification de l’anarchisme en idéologie de gauche. Certains penseurs libertaires américains comme Henry David Thoreau, Ralph Waldo Emerson et Walt Whitman, préfigurent l’anarchisme contemporain de la contre-culture, de l’écologie, ou de la désobéissance civile. Pendant la Révolution française, le mouvement des Enragés s’oppose au principe jacobin du pouvoir de l’État et propose une forme de communisme. L’un de ses porte-paroles, Jacques Roux, surnommé « le curé rouge », critique la notion de propriété, multiplie les attaques contre les riches, justifie les pillages de boutiques, les qualifiant de restitutions.

« Pour Moi, il n’y a rien au-dessus de Moi ». Pour lui, l’« Homme » est une généralité abstraite qui n’épuise pas l’individualité de chacun, car chacun est unique, et par là, il est « plus qu’homme ». Stirner affirme, « Je suis unique et indicible » : l’Unique est pour chacun, lui-même, en tant que l’individu vivant et unique qu’il est.

(1845, Max Stirner publie L’Unique et sa propriété (Der Einzige und sein Eigentum) qui devient la référence théorique fondatrice de l’anarchisme individualiste)

L’Unique est souverain, il ne s’aliène à aucune personne, ni à aucune idée, et considère l’ensemble du monde comme sa propriété dans le sens où il s’approprie tout ce que son pouvoir lui permet de s’approprier. À la différence des rapports d’autorité de la société, rapports forcés et placés sous le signe de la soumission à la loi, à l’État, Stirner envisage pour refonder la vie sociale, un associationnisme libre et volontaire, auquel nul n’est tenu, une association d’égoïstes où la cause n’est pas l’association mais celui qui en fait partie. Cette association n’est pas, pour l’Unique, une soumission, mais une multiplication de sa puissance.

Face à la guerre, les réactions des anars français furent multiples. Ayant en mémoire la boucherie de 14-18, les pacifistes engagés avec Louis Lecoin autour du tract Paix immédiate ne ménagèrent pas leurs efforts pour tenter d’éviter une guerre devenue hélas incontournable (notons tout de même que certains égarés, en petit nombre heureusement, confondirent peu après armistice et pacifisme. Mais qui n’a pas eu ses brebis galeuses durant cette période ?). Il y eut aussi de nombreux déserteurs, des insoumis qui n’avaient nullement l’intention de « se faire trouer la peau pour le capitalisme ». D’autres luttèrent dans les camps et les prisons où ils étaient enfermés.

Enfin, les anars apportèrent bien sûr leur contribution dans les maquis et les réseaux. Pour donner un aperçu de la diversité des situations, citons quelques exemples. Sur Marseille, un groupe anar clandestin édita pendant trois ans tracts, journaux et affiches. Celle intitulée « Mort aux vaches » se terminait par « Crève-les toutes » : qu’elles portent en grelot une croix gammée, une étoile rouge, l’ordre de la Jarretière, la croix de Lorraine ou une francisque. Vive la liberté ! Vive la paix ! Vive la révolution sociale ! »

Lors de la Révolution française, les enragés étaient un groupe de révolutionnaires radicaux qui eurent notamment pour représentant le prêtre constitutionnel Jacques Roux. Ils revendiquent l’égalité civique et politique mais aussi sociale, préconisant la taxation des denrées, la réquisition des grains et des taxes sur les riches.

PIERRE MONATTE

« Mon désir n’est pas tant de vous donner un exposé théorique du syndicalisme révolutionnaire que de vous le montrer à l’œuvre et, ainsi, de faire parler les faits. Le syndicalisme révolutionnaire, à la différence du socialisme et de l’anarchisme qui l’ont précédé dans la carrière, s’est affirmé moins par des théories que par des actes, et c’est dans l’action plus que dans les livres qu’on doit l’aller chercher.
Il faudrait être aveugle pour ne pas voir tout ce qu’il y a de commun entre l’anarchisme et le syndicalisme. Tous les deux poursuivent l’extirpation complète du capitalisme et du salariat par le moyen de la révolution sociale. Le syndicalisme, qui est la preuve d’un réveil du mouvement ouvrier, a rappelé l’anarchisme au sentiment de ses origines ouvrières ; d’autre part, les anarchistes n’ont pas peu contribué à entraîner le mouvement ouvrier dans la voie révolutionnaire et à populariser l’idée de l’action directe. Ainsi donc, syndicalisme et anarchisme ont réagi l’un sur l’autre, pour le plus grand bien de l’un et de l’autre.

C’est en France, dans les cadres de la Confédération générale du travail, que les idées syndicalistes révolutionnaires ont pris naissance et se sont développées. La confédération occupe une place absolument à part dans le mouvement ouvrier international. C’est la seule organisation qui tout en se déclarant nettement révolutionnaire, soit sans attaches aucunes avec les partis politiques, même les plus avancés. Dans la plupart des autres pays que la France, la social-démocratie joue les premiers rôles. En France, la C.G.T. laisse loin derrière elle, par la force numérique autant que par l’influence exercée, le Parti socialiste elle prétend représenter seule la classe ouvrière, et elle a repoussé hautement toutes les avances qui lui ont été faites depuis quelques années. L’autonomie a fait sa force et elle entend demeurer autonome.

Cette prétention de la C.G.T., son refus de traiter avec les partis, lui a valu de la part d’adversaires exaspérés, le qualificatif d’anarchiste. Aucun cependant n’est plus faux. La C.G.T., vaste groupement de syndicats et d’unions ouvrières, n’a pas de doctrine officielle. Mais toutes les doctrines y sont représentées et y jouissent d’une tolérance égale. Il y a dans le comité confédéral un certain nombre d’anarchistes ; ils s’y rencontrent et y collaborent avec des socialistes dont la grande majorité – il convient de le noter au passage – n’est pas moins hostile que ne le sont les anarchistes à toute idée d’entente entre les syndicats et le parti socialiste.

 

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L’immunité parlementaire; de quoi s’agit il exactement?

L’immunité parlementaire est une disposition du statut des parlementaires qui a pour objet de les protéger dans le cadre de leurs fonctions des mesures d’intimidation venant du pouvoir politique ou des pouvoirs privés et de garantir leur indépendance et celle du Parlement. Une forme d’immunité parlementaire existe dans de nombreux pays.

Si elle offre effectivement une certaine protection aux membres de l’Assemblée nationale et du Sénat (et par extension aux députés européens français), l’immunité parlementaire ne leur offre pas une impunité totale, contrairement à une opinion courante.

L’immunité parlementaire prévue à l’article 26 de la Constitution de la Cinquième République française offre une double immunité de juridiction : l’irresponsabilité et l’inviolabilité :

  • l’irresponsabilité (ou immunité de fond /ou fonctionnelle) protège le parlementaire de toute poursuite pour des actions accomplies dans l’exercice de son mandat (non détachables de ses fonctions) ;
  • l’inviolabilité (ou immunité de procédure) vise les activités extra-parlementaires (détachables de ses fonctions) : un parlementaire peut être poursuivi, mais toute mesure « coercitive » (au sens strict) à son encontre nécessite la mainlevée de son immunité par ses pairs.

L’immunité parlementaire est liée à la durée du mandat. Elle est « personnelle », elle ne concerne donc que le parlementaire lui-même. Elle ne s’applique ni à sa famille, ni aux personnes à son service, ni à ses complices éventuels . Elle ne s’étend, ni à son domicile, ni à son lieu de travail et permet ainsi la saisie de ses biens ou une perquisition domiciliaire. La levée de l’immunité parlementaire est possible mais elle est « partielle » puisqu’elle ne concerne que l’inviolabilité et « subsidiaire » en ce qu’elle n’empêche pas le parlementaire de conserver son siège au Parlement bien qu’elle puisse l’empêcher d’y siéger physiquement. L’immunité parlementaire est « préalable » à toute mesure judiciaire nécessitant sa levée et constitue un moyen d’« ordre public ». La levée de l’immunité parlementaire est plus fréquente depuis les années 1990 en dépit du fait que, les poursuites étant possibles depuis 1995, une procédure peut parfois être menée jusqu’à la condamnation éventuelle du parlementaire sans qu’ait été levée son immunité, ce qui permet à la Justice de s’exercer. A contrario, la levée de l’immunité ne présume pas de la culpabilité du parlementaire qui en fait l’objet et ne concerne strictement que les faits et l’incrimination pour lesquels elle a été précisément demandée.

Mal connue dans ses modalités et sa portée réelle, l’immunité parlementaire est souvent mal perçue par l’opinion et fait régulièrement l’objet de critiques et de propositions visant à la supprimer ou à la limiter. Elle a d’ailleurs été réformée en 1995.

La manipulation de masse; un art ???

Promenez-vous dans une foule. Portez votre attention sur les gens. Puis promenez-vous de nouveau dans la même foule et portez votre attention sur l’espace entre les gens. Il y en aura davantage à s’écarter les uns des autres. Essayez. Ça ne rate jamais. Voici une autre expérience. Arrêtez-vous à l’angle d’une rue et regardez en l’air pendant un moment. Vous verrez que les gens autour de vous regarderont aussi en l’air. Ils veulent savoir ce que vous regardez et pendant cette brève période vous aurez déterminé la direction de leur attention.

imagesSi je dis à un groupe de penser à une voiture rouge, il est très probable qu’ils le fassent tous. Et si je leur dis de ne pas penser à une voiture rouge… ils penseront quand même à une voiture rouge ! Ils auraient pu choisir de penser à une montagne bleue à la place. Ce qui permet de réaliser combien il est facile de diriger l’attention des masses.

Très peu de gens formuleront une pensée personnelle ou choisiront autre chose que ce qui leur a été dit. En fait, si vous ne prenez pas de décisions ni n’avez d’objectif, quelqu’un d’autre le fera pour vous. Vous connaissez cela dans votre vie personnelle : si votre conjoint vous demande où vous voulez aller dîner et que vous n’avez aucune préférence particulière, ce sera donc lui qui décidera où aller. La même chose s’applique à grande échelle.

En raison d’un défaut général de volonté et de prise de conscience de la plupart des gens, on décide pour eux de leur réalité, en leur donnant seulement l’illusion d’un choix – comme l’option de payer leurs impôts par carte de crédit ou par virement bancaire.

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Une corruption qui touche toutes les personnes dont les moyens d’existence, la vie ou le bonheur dépendent de l’intégrité de ceux qui occupent une position d’autorité.

Résultat de recherche d'images pour "corruption"« La corruption est l’abus d’un pouvoir confié, à des fins privées. Elle frappe toutes les personnes dont la vie, les moyens d’existence ou le bonheur dépendent de l’intégrité de ceux qui occupent une position d’autorité. »

Cette définition vaste a été choisie consciemment, car la corruption peut prendre des formes diverses et entraîner des problèmes variés dans les différentes cultures et les différents pays. Elle a toujours pour conséquence de faire souffrir un grand nombre de personne, car une personne ou un groupe (relativement) restreint de personnes souhaite s’enrichir aux dépens de la société et, par conséquent, de ses semblables.

Résultat de recherche d'images pour "corruption"La transparence ou « transparency » peut être décrite comme le principe selon lequel les gens, qui dépendent de décisions administratives, de transactions commerciales ou de subventions, prennent connaissance de la manière dont les décisions qui les concernent sont prises. Les fonctionnaires, les directeurs et les institutions ont le devoir de mener leurs affaires de manière claire, compréhensible et prévisible.

Il est évidemment possible de soutenir avec succès que la corruption ne représente pas un problème énorme en Belgique. En général, chaque citoyen peut faire appel aux services publics sans se voir demander de payer des pots-de-vin. Les fonctionnaires sont généralement bien rémunérés et ont donc moins tendance à vouloir enregistrer des revenus supplémentaires issus de pots-de-vin.

Toutefois, la Belgique, comme toute société, n’échappe pas totalement à la corruption. Il existe encore de nombreux abus dans plusieurs domaines. L’affaire de corruption la plus connue de ces dix dernières années est sans aucun doute l’affaire Agusta-Dassault. Agusta et Dassault sont deux entreprises à qui l’armée avait commandé des hélicoptères à la fin des années 80. À cet égard, elles avaient versé d’énormes pots-de-vin à plusieurs hommes politiques. Le scandale a entraîné la démission et la condamnation de différents hommes politiques, dont Willy Claes, ancien secrétaire général de l’OTAN.

Résultat de recherche d'images pour "fete corruptive"Malgré que cette situation ait mis la problématique de la corruption sous le feu des projecteurs, peu de mesures préventives ont été prises en Belgique. Ce n’est qu’à partir de 2005 environ qu’une politique en matière de réglementation des dénonciations a été lancée non sans hésitation et de manière très fragmentée. Ce n’est que depuis la loi du 15 septembre 2013 relative à la dénonciation d’une atteinte suspectée à l’intégrité au sein d’une autorité administrative fédérale par un membre de son personnel, qu’une procédure de dénonciation officielle a été créée pour les membres du personnel des pouvoirs publics fédéraux. Pour les fonctionnaires flamands, une réglementation de la dénonciation des abus existe depuis 2004 via le Médiateur flamand.

Malgré ces initiatives, une réglementation générale de la dénonciation d’abus s’appliquant à tout le monde, dont les citoyens ou les travailleurs d’entreprises privées, fait toujours défaut.

Dans une société sans corruption, une telle réglementation ne serait pas nécessaire, car une ouverture et une transparence totale mettraient rapidement en lumière les éventuels abus.

Résultat de recherche d'images pour "corruption"La lutte contre la corruption requiert plus que des efforts à long terme, elle demande des efforts incessants et une ardeur sans bornes. Tant que la corruption ne sera pas évitée et combattue activement de manière continue, une multitude d’abus continuera de se produire.

Le prix de la corruption est payé sur quatre plans : politique, économique, social et environnemental. Sur le plan politique, la corruption constitue un obstacle important à la démocratie et à l’État de droit. Dans un système démocratique, les agences et institutions perdent leur légitimité lorsqu’elles sont soumises à des abus à des fins privées. Bien que ce point soit dangereux pour les démocraties établies, il l’est d’autant plus pour les démocraties émergentes. Une direction politique responsable ne peut se développer dans un climat de corruption.

Sur le plan économique, la corruption mène à l’épuisement de la richesse nationale. La corruption entraîne souvent l’attribution de moyens publics rares à des projets peu rentables de premier plan, comme des barrages, des centrales électriques, des raffineries et des canalisations, au détriment de projets d’infrastructure moins spectaculaires, mais plus nécessaires, comme la construction d’écoles, d’hôpitaux et de routes ou l’approvisionnement en électricité et en eau des campagnes. En outre, la corruption perturbe le développement d’un marché honnête et fausse la concurrence, ce qui effraie les nouveaux investisseurs.

Résultat de recherche d'images pour "abus de pouvoir dessin"L’effet de la corruption sur la structure sociale de la société est le plus dangereux de tous. Il mine la confiance des gens dans la politique, dans ses institutions et dans sa direction. La frustration et l’indifférence générale d’un public désillusionné donne naissance à une société civile faible. Celle-ci ouvre à son tour la voie aux despotes et aux dirigeants élus démocratiquement, mais sans scrupules qui transforment les actifs nationaux en richesse personnelle. La demande et le paiement de pots-de-vin devient alors la nouvelle norme. Ceux qui ne veulent pas se conformer au régime émigrent souvent et le pays perd en général ses citoyens les plus capables et les plus honnêtes.

Les systèmes corrompus endommagent également souvent l’environnement. Le manque ou le non-respect des règles et législations environnementales ont vu des pays riches déplacer leur industrie polluante vers des pays pauvres. Dans le même temps, une exploitation inadéquate des ressources naturelles, allant du bois et des minéraux aux éléphants (et à leur ivoire), par des agents nationaux et internationaux ont fortement porté atteinte aux environnements naturels. Des projets qui détruisent l’environnement deviennent prioritaires pour le financement, car ils représentent des cibles faciles de transfert de moyens publics pour des affaires particulières.

Résultat de recherche d'images pour "corruption"Certains experts utilisent des analyses de régression et d’autres méthodes empiriques pour chiffrer les coûts de la corruption. Cette mesure est toutefois quasi impossible, car les montants consacrés aux pots-de-vin ne sont (évidemment) pas rendus publics. Personne ne sait précisément quelle somme d’argent est « investie » chaque année dans les fonctionnaires corrompus. De plus, les pots-de-vin ne prennent pas uniquement la forme d’argent : faveurs, services, cadeaux, etc. sont aussi fréquents. Il est tout au plus possible d’étudier la corrélation entre le niveau de corruption et, disons, la démocratisation, le développement économique ou la dégradation de l’environnement. Les coûts sociaux de la corruption sont encore plus difficiles à exprimer en termes d’argent. Personne ne sait ce que coûte à un pays la perte d’un entrepreneur énergique ou d’un scientifique renommé. En outre, chaque estimation des coûts sociaux en argent serait inadéquate pour mesurer la tragédie humaine qui accompagne un licenciement, l’analphabétisme ou des soins médicaux insuffisants. Le scepticisme général vis-à-vis de chaque tentative de quantification des coûts de la corruption est donc justifié. L’exemple suivant illustre le dilemme de l’expression de la problématique en faits et en chiffres :

Résultat de recherche d'images pour "corruption par la construction"Une centrale nucléaire est construite quelque part dans le monde pour un montant de 100 millions de dollars. Il peut être démontré que, sans corruption, les coûts ne s’élèveraient qu’à 80 millions de dollars. Le dommage financier subi par la société représente donc 20 millions de dollars. Dans la pratique, des projets sont souvent simplement planifiés de sorte que les personnes impliquées enregistrent d’importants gains privés. En supposant que la centrale nucléaire n’était pas nécessaire, le dommage financier devrait atteindre 100 millions de dollars. Par ailleurs, aucun grand projet de construction ne laisse l’environnement intact. Les résultats sont les suivants : plus de pollution, réduction de la valeur du sol, réinstallation des habitants, augmentation de l’endettement du pays, etc. Ce calcul, probablement le plus proche de la réalité, est extrêmement complexe. À l’échelle mondiale, il semble presque impossible de faire un tel calcul. Toutefois, même s’il était possible de calculer la dégradation de l’environnement, l’augmentation de l’endettement et d’autres factures, il serait impossible de mesurer l’étiolement de la confiance du public et de la légitimité d’un pouvoir public. Ces éléments constituent eux aussi des conséquences directes de la corruption.Résultat de recherche d'images pour "corruption scandinavie"

La corruption est principalement un problème du « Sud ». Alors que les pays scandinaves arrivent en haut du classement (ce qui signifie qu’ils sont perçus comme étant les moins corrompus), la majeure partie de l’Afrique subsaharienne figure au bas de la liste. Il serait cependant faux et contre-productif de conclure que, selon l’IPC 2014, la Somalie et la Corée du Nord sont les pays les plus corrompus au monde. L’indice n’a pas pour but de qualifier certains pays de « corrompus » ou d’opposer le « Nord » et le « Sud ». Il s’agit plutôt d’un instrument favorisant la sensibilisation de l’opinion publique quant au problème et la promotion d’une meilleure administration.

La corruption est autant un problème du Nord que du Sud. Les scandales récents en Allemagne, en France, au Japon, aux États-Unis et au Royaume-Uni en sont la preuve. Il a été largement prouvé que la mesure du contrôle faisait la différence dans la mesure de la corruption. Les gens sont aussi corrompus que le système le leur permet. La corruption s’implante facilement dans un environnement où l’attrait et la possibilité d’actes de corruption existent. Il sera plutôt question d’un tel environnement dans les démocraties émergentes du Sud et de l’Est. Dans ces pays, les institutions administratives et politiques sont souvent encore faibles et les barèmes salariaux généralement très bas. Les fonctionnaires sont par conséquent tentés d’ajouter un « supplément » à leurs revenus en demandant des pots-de-vin. Dans les systèmes dictatoriaux, les institutions administratives et politiques ne sont rien d’autre que des instruments d’usurpateur en faveur de ses pratiques corrompues.

Le Nord porte en outre une partie de la responsabilité de cette situation négative dans le Sud, en conséquence de son rôle en tant que payeur de pots-de-vin. Le paiement de ces pots-de-vin est en effet en grande partie alimenté par les intérêts commerciaux du Nord. Jusqu’à récemment, les autorités des pays riches toléraient non seulement ces pratiques corrompues, mais elles les récompensaient même : les coûts encourus pas les entreprises pour payer des pots-de-vin étaient déductibles fiscalement dans de nombreux pays. Heureusement, la Convention de l’OCDE contre la corruption de 1999 a entraîné la pénalisation de la corruption des fonctionnaires étrangers.

Outre le problème de la diffusion régionale de la corruption, la question de la corruption par secteur se pose souvent. L’ICPE donne quelques données statistiques sur les secteurs économiques les plus sensibles à la corruption.

Selon les résultats de l’ICPE, le problème de la corruption est surtout présent dans le secteur des travaux publics et de la construction, suivi par le secteur des armes et de la défense. Le secteur le moins corrompu est l’agriculture.

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Le recensement des fraudes électorales.

La difficulté à recenser les fraudes électorales tient à leurs caractéristiques et aux conditions de leur publicité mais aussi à la complexité de l’analyse quantitative des « anomalies » électorales. Peu de travaux scientifiques se risquent à proposer une approche quantitative des pratiques frauduleuses et leurs résultats restent souvent fragiles. Nombre d’acteurs politiques avancent néanmoins des estimations du niveau et des évolutions des manœuvres électorales. Il s’agit le plus souvent d’en tirer des conclusions sur l’état de santé de la démocratie, présumé meilleur lorsque les fraudes sont rares. Il s’agit surtout de nourrir des stratégies de légitimation ou de disqualification politiques. Au vu des obstacles à un recensement des fraudes, ces estimations nous renseignent finalement bien moins sur le phénomène que sur ceux qui entendent le mesurer.

Le rôle de l’opposition, essentiel en démocratie.

Résultat de recherche d'images pour "opposition"Tout d’abord, l’opposition constitue un contre-pouvoir : elle permet d’éviter que la majorité, une fois parvenue au pouvoir, n’ait la tentation de mener une politique portant atteinte aux droits et libertés. Pour cela, l’opposition dispose en France de différents moyens : la mise en cause de la responsabilité gouvernementale devant l’Assemblée nationale par la motion de censure, la saisine du Conseil constitutionnel (par soixante députés ou soixante sénateurs), les questions posées au Gouvernement dans les enceintes parlementaires…

L’opposition incarne aussi la possibilité d’une alternance politique : elle participe à l’existence du pluralisme politique, qui est une des bases de la démocratie. Ce pluralisme permet de choisir ses gouvernants. Or, il n’y a de choix véritable que si l’électeur peut se prononcer entre plusieurs possibilités. Ainsi, l’opposition, en proposant un nouveau cours à la politique nationale, permet aux citoyens éventuellement mécontents de disposer d’un recours. Avec les moyens qui sont à la disposition des parlementaires, elle peut manifester son désaccord envers la politique suivie et tenter de retarder sa mise en œuvre.

Enfin, l’opposition permet de renouveler le personnel politique : lorsque la majorité perd le pouvoir, une nouvelle génération d’hommes politiques peut trouver une place de choix dans l’opposition, et se préparer ainsi à assumer des fonctions importantes à l’occasion d’une victoire future.

Le rôle de l’opposition est donc essentiel en démocratie. C’est pourquoi certains pays ont conféré un véritable statut à l’opposition.

 

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L’abstention électorale en Europe.

22% des électeurs inscrits ne sont pas allés voter dimanche 23 avril 2017 pour le premier tour de la présidentielle française.Aux élections générales allemandes, sur les deux derniers scrutins, le taux d’abstention tournait autour de 28% ce qui est assez important. Auparavant, les Allemands votaient plus. En 2005, le taux d’abstention n’était que de 22 % et, en 1971, de 9% seulement. Lors des dernières législatives de 2015, un tiers des électeurs ne sont pas allés voter. Quatre électeurs britanniques sur dix s’étaient abstenus lors des élections en 2001. En Belgique, lors des dernières élections législatives en 2014, le taux d’abstention n’a été que de 10%, comme dans les scrutins précédents d’ailleurs. Le vote obligatoire existe en Belgique, Grèce, Autriche ou Luxembourg et risquent donc entre 25 et 150 euros maximum, mais réellement, c’est quasi nul en sanctions. En Grèce, il n’y a pas de sanction, non plus. En Autriche, par contre, l’électeur risque jusqu’à 700 euros d’amende s’il ne vote pas. Ce sont dans les pays de l’Est, où l’on observe une sorte de « coït interrompu » vis-à-vis de la politique en générale , 25 ans après la chute du communisme.  L’abstention monte souvent à 40%, voire plus. Lors des dernières élections en décembre 2016, six Roumains sur dix ne sont pas allés voter, démobilisés et très souvent dégoûtés par la corruption.

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