Du tritium dans les eaux conditionnées.

En France, plus de 100 établissements de conditionnement d’eau se répartissent dans 23 régions et 56 départements.

Les eaux conditionnées regroupent les eaux en bouteilles et les eaux en bonbonnes. Trois catégories d’eau peuvent être conditionnées : les eaux minérales naturelles, les eaux de source et les eaux rendues potables par traitement. Ces eaux se distinguent notamment par leurs définitions, leurs origines, les exigences de qualité (limites et références de qualité) auxquelles elles doivent répondre et les traitements dont elles peuvent faire l’objet.

La Direction générale de la santé (DGS) et l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ont confié à l’Institut de
radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), la réalisation d’une enquête nationale afin de disposer d’un état des lieux récent et exhaustif de la qualité radiologique des eaux conditionnées produites en France. L’IRSN, accrédité par le COFRAC et agréé par le Ministère chargé de la santé pour les analyses du contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaine, est en effet reconnu en France comme le laboratoire de référence en matière d’analyses radiologiques. Ces travaux complètent deux précédents bilans sur la qualité radiologique des eaux du robinet 2005-2007 et 2008-2009 et s’inscrivent notamment dans un contexte européen et national de révision de la réglementation en matière de qualité radiologique des eaux destinées à la consommation humaine.

Les modalités de réalisation de cette étude ont été définies conjointement par la DGS et l’ASN avec l’appui de l’IRSN. L’étude s’est déroulée sur 12 mois, en 2012. Les eaux conditionnées analysées ont été soit achetées directement dans la grande distribution par l’IRSN, soit fournies par les Agences régionales de santé (ARS) qui assurent le contrôle sanitaire de ces eaux. Ces analyses ont porté au total sur 142 eaux conditionnées (75 eaux de sources et 67 eaux minérales naturelles).

L’IRSN a ainsi été chargé de :
• la mesure systématique des indicateurs de radioactivité, en suivant par analogie la démarche analytique
préconisée par la circulaire DGS du 13 juin 2007 relative au contrôle et à la gestion du risque sanitaire liés à
la présence de radionucléides dans les eaux destinées à la consommation humaine, à l’exception des eaux
conditionnées et des eaux minérales naturelles ;
• la mesure systématique de la teneur en uranium ;
• la mesure ponctuelle de la teneur en radon-222 dans quelques échantillons conditionnés dans des bouteilles
en verre.

Les limites de détection des méthodes atteintes dans le cadre de cette étude sont celles définies par l’arrêté du 17
septembre 2003. Cette étude dresse donc un bilan « instantané » des caractéristiques radiologiques des eaux conditionnées produites en France, à la date de l’analyse des échantillons. Elle est faite à des fins d’information et ne revêt aucun caractère réglementaire.

Il ressort ainsi de cette enquête que :
• toutes les eaux conditionnées analysées présentent une activité volumique en tritium faible, très inférieure à la référence de qualité de 100 Bq/l prévue par la réglementation française pour les eaux destinées à la
consommation humaine ;
• toutes les eaux conditionnées analysées présentent une activité bêta globale résiduelle inférieure à la valeur
guide de 1 Bq/l prévue par la réglementation française pour les eaux destinées à la consommation humaine ;
• 108 des 142 eaux conditionnées analysées (représentant 80 % des eaux de source et 70 % des eaux minérales
naturelles) ont une activité alpha globale inférieure ou égale à la valeur guide de 0,1 Bq/l prévue par la
réglementation française pour les eaux destinées à la consommation humaine ;
• toutes les eaux conditionnées analysées présentent des concentrations en uranium pondéral inférieures à la
valeur guide provisoire de l’OMS fixée à 30 µg/l dans les eaux de boisson. Pour rappel, à ce jour, ni la
réglementation européenne ni la réglementation française ne prévoient d’exigences de qualité pour le
paramètre uranium ;
• le radon 222 n’a été détecté qu’une seule fois parmi les 6 eaux analysées, avec une valeur très inférieure à la
valeur paramétrique (100 Bq/l) fixée par la directive européenne relative aux eaux destinées à la
consommation humaine, en cours de publication.
S’agissant des trente-trois1
(33) eaux conditionnées dont l’indicateur d’activité alpha globale dépasse la valeur guide de 0,1 Bq/l prévue par la réglementation nationale pour les eaux destinées à la consommation humaine, des mesures
complémentaires et plus précises des radionucléides naturels à l’origine des activités mesurées ont été réalisées afin
d’estimer la dose efficace annuelle de radioactivité (DTI) reçue par un adulte sur la base d’une consommation de deux litres par jour de ces eaux. Ainsi, les quantités de radium (isotopes 226 et 228), d’uranium (isotopes 234 et 238), de
polonium (isotope 210) et de plomb (isotope 210) ont été déterminées. Les isotopes les plus fréquemment retrouvés ont été l’uranium 234, 238, le radium 226 et, dans une moindre mesure, le radium 228. La DTI calculée à partir de ces analyses est inférieure ou égale à la référence de qualité définie par la réglementation nationale pour les eaux destinées à la consommation humaine (0,1 mSv/an) pour vingt-sept (27) d’entre-elles. Pour les six
(6) autres échantillons, qui sont des eaux minérales naturelles, la DTI calculée est supérieure à 0,1 mSv/an mais toujours inférieure à 0,3 mSv/an. A noter que dans le cas des eaux destinées à la consommation humaine hors eaux conditionnées, en deçà de cette valeur, la réglementation ne recommande pas nécessairement d’action correctrice, sauf si des solutions simples, techniquement et économiquement raisonnables existent et aucune restriction d’usage n’est conseillée pour les populations sensibles (cf. circulaire DGS du 13 juin 2007).

Par ailleurs, bien que la DTI soit inférieure à 0,1 mSv/an, trois eaux analysées dans le cadre de cette étude ne respecteraient pas l’exigence de qualité définie pour l’indicateur de l’activité alpha globale par la réglementation nationale (cf. arrêté du 14 mars 2007 modifié) permettant de faire mention sur l’étiquetage du caractère approprié de l’eau pour l’alimentation du nourrisson.

Il est à noter que l’étude comporte quelques limites d’ordre technique, attachées à son objectif et à son cahier des charges. Il s’agit notamment :
• de la non prise en compte des incertitudes analytiques dans le calcul de la DTI, conformément aux
dispositions de la circulaire de la DGS du 13 juin 2007.

Or, en fonction du radionucléide recherché, de sa concentration et des techniques analytiques mises en œuvre, ces incertitudes peuvent être élevées ;
• de l’absence d’étude sur la stabilité de la composition des eaux ;
• de la limitation de la mesure à un seul échantillon par référence.

Ces résultats, et notamment ceux en lien avec l’étiquetage nourrissons, obtenus à partir d’un seul prélèvement pour chaque échantillon d’eau, mériteront d’être confirmés, par des mesures complémentaires, sur une période de temps plus étendue, afin d’étudier l’influence de la fluctuation de la composition en minéraux de certaines ressources.

A cet égard, le projet d’arrêté à paraître concernant notamment le contrôle sanitaire des eaux conditionnées homogénéisera au niveau national le suivi de la qualité radiologique de ces eaux.

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