L’impunité de la très grande fraude fiscale et bancaire participe au sentiment d’impuissance des citoyens : c’est l’idée qu’il y a « eux » et qu’il y a « nous ». « Nous », ce sont les gens qui ont besoin de gasoil pour se déplacer, qui paient leurs contraventions et leurs impôts. Et il y a « eux », ceux qui vivent là-haut, quelque part, et qui se débrouillent pour ne pas payer d’impôts. Cela creuse les inégalités.

La fraude fiscale est le détournement « illégal » d’un système fiscal afin de ne pas contribuer aux cotisations publiques. Par contraste, l’optimisation fiscale ou évitement fiscal est l’utilisation, par des moyens légaux, de failles du système fiscal afin de réduire le montant de l’imposition.

La fraude est devenue une pratique systémique et une arme de l’oligarchie pour asservir les peuples. Les paradis fiscaux sont une création de la classe dominante pour empêcher de comprendre que la fraude fiscale est une pratique systémique de la classe oligarchique, qui ne veut plus contribuer à une quelconque solidarité avec les peuples. Les membres de cette classe veulent la liberté du renard dans le poulailler planétaire, sans que le citoyen ordinaire ne puisse s’imaginer qu’il est le dindon de cette farce fiscale. Des lanceurs d’alerte ont révélé énormément de choses sur la fraude fiscale notamment que les plus riches devront vivre sur le pied de guerre.

Ces gens ont du pouvoir et des relations. Ceux qui passent par la chambre correctionnelle, ce sont de petits chefs d’entreprise, pas les tenants de l’oligarchie. Il y a donc deux poids, deux mesures. Il y a tout un univers au service de la haute société pour la seconder dans sa gestion du patrimoine. Malheureusement, la fraude fiscale se transmet de génération en génération, tout naturellement. Seulement, les plus riches, eux, cherchent toujours à ce que leurs richesses leur servent à piller l’argent public.

Le Luxembourg, qui est le seul pays à avoir eu trois présidents de la Commission européenne, s’oppose grâce à son droit de veto. Le Luxembourg, où l’on ne paie que très peu d’impôts, continue donc à attirer de nombreuses multinationales sur son territoire. Résultat, il manque 1 000 milliards d’euros à l’Europe chaque année. Les questions de déficit seraient donc réglées si ces sommes étaient recouvrées.

La proposition de loi transposant la directive européenne du 8 juin très critiquée sur le « secret des affaires » a été adoptée par le Sénat en avril 2018. Particulièrement favorable au monde des affaires, elle rend illégales l’obtention, l’utilisation ou la divulgation d’une information qui revêt une valeur commerciale et qui n’est pas connue à l’extérieur d’une entreprise. Le Sénat a même durci les sanctions prévues dans le texte voté par l’Assemblée nationale. Tenter de percer le secret bancaire, le secret fiscal et bientôt le secret des affaires, c’est aller de l’autre côté de l’iconostase. C’est toucher au sacré. Il y a un sentiment de peur et de tétanisation extrêmement violent qui fait qu’on préfère se taire et ne pas bouger. Cette transposition a été menée rapidement, sous couvert d’une proposition de loi, afin d’éviter tout débat public car cette législation tente de museler les lanceurs d’alerte potentiels. Difficile dans un tel contexte de croire aux déclarations du gouvernement en matière de lutte contre la fraude fiscale.

A lire :

« Les riches au tribunal » et « Les prédateurs au pouvoir » – (Monique et Michel Pinçon-Charlot, sociologues et spécialistes de la classe dominante.

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